Rav Oury Cherki

Behaalot'ha - La Délivrance venue d'en-bas

Publié sur le site du Centre Noachide Mondial



La fête de Pessa'h Chéni – deuxième Pessa'h – diffère de toutes les autres fêtes de la Thora: "Or, il y eut des hommes qui se trouvaient souillés par des morts, et qui ne purent faire Pessa'h ce jour-là... et ces hommes lui dirent: "... pourquoi serions-nous privés d'offrir le sacrifice du Seigneur en son temps, seuls entre les enfants d'Israël?"" (Nombres 9, 6-7) – pour résoudre le problème de ces individus, la Thora ordonne à ceux qui n'ont pu amener le sacrifice pascal lors du premier mois (14 Nissan), pour raison d'impureté ou d’éloignement, de le faire un mois plus tard (14 Yiar).

Cette possibilité n'existe que pour Pessa'h: la Thora ne permet pas à celui qui n'a pas pu bâtir de soucca de faire une seconde fête de Souccot, ni à celui qui était contraint de manger lors du jeûne de Kippour de jeûner un mois plus tard. De plus, cela va à l'encontre du principe qu' "en cas de force majeure, on est exempté". Pourquoi alors ce commandement? Qu'est-ce qui est si grave si une personne est empêchée d'apporter le sacrifice pascal?

La réponse est que la fête de Pessa'h a un statut particulier: "chacun a le commandement de se voir comme s'il était lui-même sorti d'Egypte" (Maïmonide), et cela se déroule le soir du Sédèr de Pessa'h. De ce fait, une personne qui ne sort pas d'Egypte ne fait, d'une certaine manière, pas partie du peuple juif, et ne peut donc pas recevoir la Thora. Elle a jusqu'à la fête de Chavouot pour sortir d'Egypte et "réintégrer" le peuple.

Notons que ce commandement est apparu par l'initiative du peuple lors du mois d'Iyar, un mois après le jour du sacrifice pascal en Nissan. La Rédemption du mois de Nissan provient d'un éveil d'en-haut, "Moi, Dieu – Moi et aucun autre". A l'inverse, lors du mois d'Yiar la Rédemption est déclenchée par la demande du peuple, à l'heure où le peuple acquiert son indépendance par ses propres moyens. C'est de la fête instituée par la Thora lors du mois d'Iyar (Pessa'h Chéni) que tirent leur force les fêtes rabbiniques que nous avons le mérite de célébrer aujourd'hui suite à l'indépendance d'Israël: Yom Haatsmaout (fête d'indépendance de l'Etat d'Israël) et Yom Yéroushalaïm (jour de libération de Jérusalem).

Un individu pourrait prétendre: "je suis dans l'impossibilité de me joindre à l'acquisition de l'indépendance", car "si quelqu'un se trouve souillé par un cadavre ou sur une route éloignée" (ibid. 10), et suis donc libéré de mes obligations par un cas de force majeure. Du point de vue national, l'impureté et l’éloignement peuvent être compris de manière symbolique: l'impureté provient de l’abondance de fautes, or qui font obstacle à l'acquisition de l'indépendance; le second argument est celui de la distance: bien que l'on soit pur, l'éloignement géographique de l'exil rend impossible l'indépendance. Cependant, la Thora avertit: "Pour l'homme qui, étant pur..." – celui qui a acquis la pureté: respecte les commandements et craint Dieu – "... et n'ayant pas été en voyage" – habite en Israël, "et se serait néanmoins abstenu de faire Pessa'h..." – et malgré tout ne désire pas l'indépendance, cet homme-là serait retranché du destin historique de la nation. L'expression employée par la Thora est terrible: "cette personne sera retranchée du peuple"! (ibid. 13).

Cependant, même d'une telle situation d'éloignement idéologique de volonté d'indépendance, le Retour est possible, comme le dit le Zohar à la section de Behaalot'ha de cette semaine, que "le Messie ramènera les justes sur le droit chemin".

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